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Les
laboratoires pharmaceutiques occidentaux ont imposé
au niveau international des prix de vente exorbitants : une
trithérapie coûte en moyenne 5000FF par mois.
Dans ces conditions, de nombreux gouvernements et la majorité
des financeurs refusent de sengager pour laccès
aux traitements des séropositifs dans les pays pauvres.
En
Côte dIvoire, après deux ans de négociations
avec les compagnies pharmaceutiques, le prix pour un mois
de trithérapie reste de 3000FF. Face à cette
situation, de plus en plus de pays sintéressent
à la production de copies. Ainsi, en Côte dIvoire,
la pharmacie centrale a finalement décidé dimporter
des copies dantiviraux, moins chères et daussi
bonne qualité, en provenance dInde et dEspagne.
En
Thaïlande, au Brésil ou en Inde, les industries
locales (publiques ou privées) se sont lancées
dans la production de médicaments antirétroviraux
et de certains traitements contre les maladies opportunistes
particulièrement coûteux, réduisant ainsi
drastiquement les prix de vente.
Lapparition
sur le marché de copies fabriquées par les producteurs
du Sud pose enfin clairement la question du prix et ouvre
de nouvelles perspectives pour les pays en développement.
LONUSIDA a dailleurs mis en évidence dans
une étude rendue publique à loccasion
de la Conférence Internationale de Durban sur le Sida
en juillet 2000 que la mise en compétition des producteurs
de copies avec les grands laboratoires constitue à
lheure actuelle le mécanisme le plus efficace
pour permettre une réduction effective des prix de
vente de médicaments dans les marchés du Sud,
plus en adéquation avec la capacité de paiement
des pays.
Des
solutions existent pour permettre la multiplication des sources
de production de médicaments copiés à
des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués
par les compagnies détentrices des brevets, ainsi que
limportation pour les pays ne disposant pas de capacités
locales de production. Des dispositions légales sont
en effet inscrites dans les accords TRIPS (accords relatifs
à la propriété intellectuelle) contractés
dans le cadre de lOrganisation Mondiale du Commerce
en 1995. Ainsi, un laboratoire détenteur dun
brevet prêt à négocier avec un pays tiers
peut céder une autorisation de production locale en
échange de royalties : il sagit alors dune
licence volontaire. Si le laboratoire nest pas prêt
à négocier, un Etat, souverain, peut décider
de faire fabriquer une copie dun produit dont il a besoin
par une industrie locale : cest ce quon appelle
une licence obligatoire. Cette disposition permet également
à un pays ne disposant pas de capacités de production
propre dimporter des copies de traitements.
Cest
dans ces brèches, prévues par les accords TRIPS
comme autant de garde-fous au monopole des grands laboratoires,
que des gouvernements et des associations de malades ont tenté
de sengouffrer. Jusquà présent pourtant,
ces dispositions se sont révélées inexploitables
par les pays les plus pauvres : aucun dentre eux ne
sest vu octroyer de licence volontaire (1),
aucun dentre eux na pu importer de copies de médicaments
à partir de pays intermédiaires, aucune licence
obligatoire na pu être mise en place.
En
létat des rapports de forces, les " brèches
", étroites, sont inexploitables. Lintimidation
est la règle à tous les stades de circulation
des génériques, et les exemples de tentatives
avortées abondent.
Note
:
Par exemple, le groupe Pfizer refuse obstinément
d'accorder une licence volontaire pour la production de fluconazole
(Triflucan, médicament antifongique utilisé
contre les infections opportunistes) à l'Afrique du
Sud ; les activistes sud-africains sont contraints de mettre
en place une campagne de désobéissance civile
en organisant l'importation illégale du fluconazole
générique.
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Throughout
the world, Western pharmaceutical companies charge exorbitant
prices: a standard combination costs on average $750 per month.
Under these conditions, many governments and the majority
of the financial supporters quite simply refuse to tackle
the problem of access to treatments for HIV-positive people
in the South.
In
the Ivory Coast, after negotiating for two years, it was still
necessary to pay more than $420 per month. Situations like
this fuel poor countries interest in getting access to generic
drugs. In the case of the Ivory Cost, the central pharmacy
finally decided to import generic antiretrovirals , at good
quality and low cost, from India and Spain.
In
Thailand, in Brazil or in India, local industries (public
and private) began producing antiretroviral drugs and several
of the particularly expensive opportunistic infection drugs,
resulting in drastically reduced sale prices.
The
appearance on the market of copies manufactured by the producers
in the South has thus constrained the large companies to reduce
their prices because of generic competition.
But
under the current laws on intellectual property, i.e. patent
laws, the Indians, Brazilians or Thai generic companies are
not big enough to fight against the multinationals. And although
their prices are low, the manufacturing costs of their copies
are still too high because their markets are small. The majority
of markets are excluded as a result of patent law. (Their
margins for man uvre are reduced : they still only manufacture
yesterday's treatments, those which they copied before the
new WTO rules on intellectual property were imposed. Today
there is no copy of the new protease inhibitors, for example.)
Faced
with the extent of the current AIDS disaster, and given the
extreme urgency, it is necessary that true competition be
created immediately. It is necessary that local industries
produce generic drugs in the countries which have the
necessary infrastructure and export these generic products
to the countries that do not have manufacturing capacities.
Solutions
to the crisis in lack of access exist. They are included in
the TRIPs agreement (agreements on trade related aspects of
intellectual property rights) contracted within the framework
of the World Trade Organization in 1995. If the laboratory
which holds the patent is ready to negotiate with a third
country, it can obtain royalties in exchange for an authorization
of local manufacture: this is known as a voluntary license.
A sovereign State, if it does not wish to negotiate with industry,
can decide to have a copy of a product manufactured by a local
business, without the authorization of the patent holder.
This is called a compulsory license.
It
is in these breaches, provided for by the TRIPS agreements
as checks to the monopoly of the large laboratories, that
governments and associations of patients tried to insert themselves.
Until now however, these breaches are difficult to exploit
: no country thus far granted a voluntary license (1).
As
for the countries which could be tempted to produce antiretroviral
generics under a compulsory license, they are dissuaded
from it by the prospect of a confrontation with Western laboratories
and the governments which support them, with the United States
leading the charge. These narrow "breaches"
are not exploitable, given the balance of power. Intimidation
is the rule at all stages of the distribution of generics,
and examples of aborted attempts abound.
Note
:
(1)
For example, the Pfizer group obstinately refuses to grant
a free license for the manufacturing of fluconazole (Triflucan,
an antifungal drug) to South Africa. South-African activists
have to set up a civil disobedience campaign by organizing
the illegal importation of the generic fluconazole.
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